Rama Yade boycottée
Notre secrétaire d'Etat chargée des affaires étrangères et des droits de l'homme - la jolie Rama Yade, mariée à un socialiste, mais très (trop) critique du PS - est très probablement sur un siège éjectable : elle vient en effet d'entamer un deuxième bras de fer médiatique avec le Président Sarkozy.
Le premier, en décembre 2007, avait débuté avec la venue du Colonel Khadafi : elle s'était alors opposée à cette visite déclarant (avec brio) "que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort." Même si elle a relativisé ses propos après que certains membres éminents du gouvernement lui soient tombés dessus, le Président lui a pourtant renouvelé sa confiance.
Le second bras de fer vient de débuter. Il a pour enjeu la présence du Président à la cérémonie d'ouverture aux Jeux Olympiques de Pekin. Ayant été boycottée lors du voyage d'Etat en Chine alors que des personnalités politiques, comme Balkany, avaient pu se glisser dans le cortège (sic), la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme souhaite à son tour que le Président boycotte cette cérémonie d'ouverture. Mais comment faire sachant que Nicolas Sarkozy n'a aucune envie d'attiser les foudres (économiques) des dirigeants chinois et les critiques de ses partenaires européens (il sera, lors des Jeux Olympiques, le représentant de toute l'Europe puisqu'il présidera l'Union Européenne) ?
Rama Yade a donc choisi, à juste titre, l'offensive : un entretien dans le Monde où elle se fait porte-parole du Président. Elle y explique que le Président a posé "trois conditions indispensables" à sa venue : "la fin des violences contre la population tibétaine, la libération des prisonniers politiques, et l'ouverture du dialogue avec le dalaï-lama".
Mais, ce faisant, elle est allée "trop loin" pour le gouvernement et le chef de l'Etat : le terme "conditions" serait mal choisi, "toutes les options sont ouvertes" préfère-t-on dire. Pressée par le Président et son Ministre de tutelle, elle a du se rétracter en expliquant qu'elle n'avait jamais employé le terme "conditions". Sans doute un petit mensonge - le Monde confirme qu'elle a bien tenu ces propos - illustrant une perte de confiance plus grande de la part du gouvernement et du chef de l'Etat.
A la lecture de ces bras de fer, on peut donc raisonnablement supposer que la demi-rebelle Rama Yade, secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme et non aux Droits de l'homme d'affaire, suivra le destin ministériel d'un Jean-Marie Bockel pour finir au mieux à l'Outre-Mer, au pire aux Anciens Combattants !
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