Mercredi 17 juin 2009

Gros débat chez les socialistes en ce moment.


Non, la question n’est pas de savoir si Martine Aubry doit rester ou partir. Ca c’est déjà tranché : elle reste jusqu’au régionales de 2010 et, comme le PS perdra forcément la présidence de certaines régions  – on a déjà touché le jackpot en 2004 de 20 régions sur 22 –, on l’accusera de tous les maux et on fera en sorte de la passer par « pertes et profits ».


Le débat ne porte pas non plus sur le nom du candidat pour 2012 : on le connaît bien puisqu’il s’agit d’à peu près de tous les principaux ténors. D’Hollande à Royal, en passant par Valls, Aubry… et surement DSK, Moscovici et Montebourg.


Le débat porte sur le prochain Congrès de Versaillles.


Késako ?


En gros, les parlementaires – sénateur et députés – peuvent être réunis « ensemble » dans un même salle : on appelle cela la réunion en congrès à Versailles (parce que cela se passe au château de Versailles, bien sûr !). On les réunit en Congrès à plusieurs occasions, mais, notamment, dans deux cas particuliers : en cas de révision de la Constitution ou bien (et c’est une nouveauté de juillet 2008) quand le Président de la République souhaite s’adresser directement aux « représentants de la Nation ».


Le 22 juin prochain, Mister Président va donc s’adresser aux députés et sénateurs. Bon, je ne pense pas que le discours soit fondateur ou particulièrement important (il va dire qu’en gros on est en crise, qu’il est le meilleur, que ses solutions sont super chouettes et que, grâce à lui, on est sauvé). Surtout, et c’est ça le plus fou, c’est que notre Président va venir parler (genre 15 ou 20  minutes) et repartir aussi tôt sans écouter les réponses prévues (10 minutes par courant politique).


En fait le gros débat, chez les socialistes, c’est de savoir s’ils vont y assister et, si oui, comment ?


L’UMP et le Nouveau Centre seront de la partie. Mais les Verts et les Communistes ont déjà tranché : ils n’y assisteront pas. Ils étaient opposés à cette réforme et refusent donc de l’appliquer en tant que telle. Attention, il ne faut pas croire que cette décision est passée comme lettre à la poste : en interne, les députés Verts étaient profondément divisés !


Le PS était également opposé à la réforme. Alors que faire ? Certains ont suggéré de ne pas du tout y aller. Mais ils étaient largement minoritaires.


Le débat était entre ceux qui voulaient y assister et parler 10 minutes comme prévu et ceux qui voulaient y assister mais partir en même temps que le Président. Au final, c’est cette dernière stratégie qui a été choisie.


Si je peux comprendre la finalité – après tout, on fait acte de « politesse républicaine » puis, comme le Président n’écoute même pas la réponse, on s’en va en même temps – je trouve que cette option est la plus mauvaise.


La plus mauvaise car la moins compréhensible par le grand public. Elle laisse un arrière-goût de « ni-ni » : ils ne sont ni complètement là, ni complètement absent.


Malheureusement, le blogueur de droite Autheuil n’a pas tort : « Le drame des socialistes est de ne jamais trancher clairement, d'être en permanence dans le flou et l'ambigüité pour ne froisser personne. Résultat, personne ne sait où ils habitent, eux les premiers. »


Qu’aurait-il fallu faire, à mon (humble) avis ? Soit aller au bout de la logique et ne pas participer au Congrès (mais cela ne correspond pas à la culture « républicaine » du PS), soit y assister et profiter des 10 minutes pour « descendre » le procédé constitutionnel utilisé par le Président.


Le PS a troqué une magnifique tribune politique (la participation totale ou l’absence) contre une position consensuelle mais médiatiquement destructrice.

Par Lio - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
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